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2012 : l'artisanat veut être entendu
A quelques mois d’importantes échéances électorales, l’artisanat veut être entendu et pas seulement écouté !
Patrick Liébus

Nous le voulons, en mesurant bien que l’avenir de nos revendications, l’avenir de nos entreprises, notre avenir et celui de nosclients passent par la capacité de notre pays au sein de l’Europe et de la zone euro à surmonter et à résoudre ses problèmes de dette “souveraine”. Les artisans du bâtiment que nous sommes sont prêts à participer aux efforts du pays à condition que soient respectées les règles strictes d’équilibre du budget public ; c’est une des 28 propositions présentées dans le programme de l’UPA, intitulé « Penser autrement » en perspective des élections à venir. Mais à condition aussi que les mesures prévues ou à prévoir ne viennent pas casser le “moteur de la croissance”.

Le récent congrès de l’UPA qui s’est tenu à Paris le 20 octobre dernier, laisse espérer que les réponses qui seront apportées à nos propositions seront sérieuses et mesurées. Nous ne demandons pas la lune, ni d’exonération farfelue, ni de passe-droit ou de privilège, simplement qu’on se préoccupe de la croissance. Ce que nous voulons en un mot, c’est que ceux qui nous gouvernent ou ceux qui ont l’ambition de le faire lèvent les difficultés, souvent artificielles, qui s’opposent au libre exercice de nos activités, tels les effets de seuil, le régime de l’auto-entrepreneur, sans pour autant tomber dans un libéralisme absolu.

Il ne s’agit pas ici de faire de la politique. Ça n’a jamais été et ça n’est pas dans l’intérêt de notre action syndicale, donc de nos entreprises. Mais à l’heure où nous peaufinons les dernières lignes de notre livre blanc en vue des élections, qui complètera celui de l’UPA, je veux dire à celles et ceux qui se présentent aux élections que l’artisanat, et plus particulièrement l’artisanat du bâtiment, attend d’eux du pragmatisme, du bon sens, de la logique, pour que nos entreprises puissent continuer à soutenir l’économie française, comme elles le font depuis toujours.

Penser aux petites entreprises d’abord, garantir une égalité de traitement entre toutes les catégories d’entreprises, voici deux exemples de mesures qui tombent sous le bon sens et qui ne coûtent rien à l’Etat.

Je ne peux pas finir cet édito sans mettre en garde ceux qui, au moment où j’écris ces quelques lignes, seraient tentés de revenir sur le taux réduit de TVA dans le bâtiment. Certes tout le monde a noté au congrès de l’UPA le propos très net du Premier ministre affirmant qu’il ne toucherait pas à cette mesure. Mais je m’adresse quand même à tous ceux, experts, gourous, politiques, qui pensent le contraire le matin en se rasant.

Qu’ils mesurent bien les ravages qu’ils feraient et l’énorme responsabilité qu’ils prendraient. En substance, cela créerait une baisse d’activité, une augmentation du chômage et des allocations qui s’y rapportent, ainsi que de moindres rentrées fiscales et sociales. Je ne parle même pas de la colère et du sentiment d’injustice qu’éprouveraient les artisans. A l’heure où nous sommes, il nous semble qu’il y a mieux à faire, comme rétablir l’équité d’imposition entre les grandes et les petites entreprises. Il y a aussi beaucoup mieux à faire avec l’élargissement du financement de la protection sociale à l’ensemble des revenus, en particulier ceux du capital, ce qui répondrait à un impératif majeur de la croissance, l’abaissement du coût du travail.

Le débat est ouvert. Dans les mois et les semaines qui viennent, nous aurons largement le temps de revenir sur nos revendications avec la publication de notre livre blanc. D’ici là, je vous demande de maintenir le cap, de ne pas sombrer dans le pessimisme ambiant, de rester vigilants car la conjoncture est incertaine, de vous former aux marchés de demain et de venir nombreux à Batimat pour nous rencontrer.

Plus forts ensemble !